Liberté et autonomie

Je commence par un extrait sur l’exclavagisme antique, car le sujet que j’aborde aujourd’hui en est un qui m’occuppe depuis très longtemps et qui revient à se demander, « mais pourquoi nos sociétés sont si inégalitaires? »


« Dire que le travail et l’artisanat étaient méprisés dans l’antiquité parce qu’ils étaient réservés aux esclaves, c’est un préjugé des historiens modernes. Les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu’il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. C’est même par ces motifs que l’on défendait et justifiait l’institution de l’esclavage. Travailler, c’était l’asservissement à la nécessité, et cet asservissement était inhérent aux conditions de la vie humaine. Les hommes étant soumis aux nécessités de la vie ne pouvaient se libérer qu’en dominant ceux qu’ils soumettaient de force à la nécessité. La dégradation de l’esclave était un coup du sort, un sort pire que la mort, car il provoquait une métamorphose qui changeait l’homme en un être proche des animaux domestiques. C’est pourquoi si le statut de l’esclave se modifiait, par exemple par la manumission, ou si un changement des conditions politiques générales élevait certaines occupations au rang d’affaires publiques, la « nature » – de l’esclave changeait automatiquement.
L’institution de l’esclavage dans l’antiquité, au début du moins, ne fut ni un moyen de se procurer de la main-d’œuvre à bon marché ni un instrument d’exploitation en vue de faire des bénéfices ; ce fut plutôt une tentative pour éliminer des conditions de la vie le travail. Ce que les hommes partagent avec les autres animaux, on ne le considérait pas comme humain. (C’était d’ailleurs aussi la raison de la théorie grecque, si mal comprise, de la nature non humaine de l’esclave. Aristote, qui exposa si explicitement cette théorie et qui, sur son lit de mort, libéra ses esclaves, était sans doute moins inconséquent que les modernes n’ont tendance à le croire. Il ne niait pas que l’esclave fût capable d’être humain ; il refusait de donner le nom d’ «hommes » aux membres de l’espèce humaine tant qu’ils étaient totalement soumis à la nécessité.) Et il est vrai que l’emploi du mot « animal » dans le concept d’animal laborans, par opposition à l’emploi très discutable du même mot dans l’expression animal rationale, est pleinement justifié. L’animal laborans n’est, en effet, qu’une espèce, la plus haute si l’on veut, parmi les espèces animales qui peuplent la terre. »

L’esclavage antique. Hannah Arendt , Condition de l’homme moderne, Paris, Ed. Calmann-Lévy, 1961, pp 95-96.

 Je réfléchis sur une question depuis longtemps donc… D’où peut bien venir la « domination » des uns sur les autres, et tout ce qui en découle ; capitalisme, exclavagisme, exploitation de la force de travail, domination masculine, etc.

Je vous expose donc mon hypothèse :Le germe du problème est contenu dans une idée. Idées qui vient bien certainement des humains et de leurs activités sociales.  « L’Homme est libre » …S’atttaquer à cette idée c’est casse-cou, et je ne le ferai pas avec classe et élégance…  L’idée de la liberté de l’Homme semble fondamentalement bonne, positive.

 

Et si c’était l’idée de Supériorité de Nature de l’Homme, qui lui permet d’être libre et autonome … ? Et qui fut reprise aux Lumières, en oblitérant un élément, sans que concrètement, ça change grand chose du point de vu de la supériorité mâle et raciale… ?

Si la liberté dans l’Antiquité était un « truc » qui n’appartenait qu’à ceux affranchis de l’État de Nature, aux Lumières, elle devient « universelle ». Enfin… On vit l’idée de « l’Homme est libre » prendre une nouvelle teinte… Mais dans les faits, comme j’ai dis plus haut.. Ça a resté une vision de supériorité de l’Homme… (qui a prit une nuance « universelle ») Mais la « question des femmes » restaient bien embêtante… Dans les sc. naturelles, l’idée de supériorité des hommes est aussi très prégnante.

Si aujourd’hui, les sc. modernes ont une vision très différente de la place de notre espèce dans le reste du vivant, dans le sens commun au sens le plus large possible, l’idée que l’Homme est supérieur, plus évolué, plus civilisé, que les animaux, ou que des « peuples primitifs » demeure très répandue,

Je crois que l’idée de se penser supérieur mène à l’asservissement, à la domination … Je crois qu’une culture qui ne se perçeverait pas comme supérieure, libre et autonome, mais plutot comme « enfants » de la Nature (donc pas au dessus…) , interdépendante à son environnement, ne présenterait pas la même forme évolutive ; que dans cette société idéelle, les membres n’auraient pas tendance à dominer les autres et leur environnement, comme si ça leur appartenait, de nature…

Je propose, pour changer ce monde… (rien de moins), qu’on travail à se forger un nouveau paradigme, une nouvelle vision de nous-même ; pas un calque … Non, une vision commune, collectivement construite, de ce que nous sommes, de la place que nous avons dans l’univers, de l’influence récyproque entre nous et ce qui nous entoure, des contraites et libertés, de l’autonomie et de la dépendance… Qu’on embrasse la complexité, les nuances et paradoxes, pour se permettre de penser « out of the box » un peu…

« On n’en veut pas des contraintes, on veut une liberté pure , bon !  » Vraiment … ?  Vous me rappellez ces penseurs de l’Antiquité…
P.S.  Comme la Femme sert à engendrer des fils, son état d’infériorité de Nature EST fondamental, dans l’argumentaire « L’homme est libre ».
Publicités

2 réflexions sur “Liberté et autonomie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s