Fiche de lecture : Types d’interactions, formes de confiance et relations, par Alain Degenne

 Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de l’article de sociologie que j’ai dû lire le plus souvent dans ma vie.

J’ai une tendance forte à relire ce que j’ai vraiment apprécié. C’en est peut-être même compulsif !   Celui que je vous soumet aujourd’hui, j’ai dû le lire plus d’une centaine de fois,sur plusieurs années.  J’en retire à chaque fois, un peu plus de matière à réflexion.

Ce n’est pas une fiche de lecture classique, mais plutôt une forme de compte rendu incomplet, subjectif, personnel et réflexif.  Lisez l’article original !

Types d’interactions, formes de confiance et relations, Alain Degenne

REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales
Vol.16,#3, Junio 2009
Alain Degenne – CNRS

Voici un article qui vise à pousser plus loin l’analyse de réseaux, qui bien que développée, a tendance à s’en tenir à ce qu’elle maitrise le mieux et à délaisser ce qui est plus complexe : les dynamiques relationnelles. Comportement on ne peut plus humain.

Même si l’article demande une certaine connaissance de l’analyse de réseaux, je considère qu’il a l’avantage d’en exposer l’essentiel.  Il peut être lu par quelqu’un qui ne connaîtrait pas la sociologie des dynamiques relationnelles, mais qui serait très intéressé par une « expérience de pensée » sociologique.

Je classe ce texte comme relevant de la sociologie fondamentale car il ne s’axe pas sur une problématique sociale particulière, mais sur la façon de d’aborder l’analyse de problématiques sociales en tout genre.

Ainsi, dans la continuité des travaux en sociologie des dynamiques relationnelles, Degenne propose une typologie des interactions qui se base sur les modes de régulation de ces interactions.  Sa typologie comprend 4 types d’interactions sociales :

  • L’interaction corrélative
  • La confrontation/négociation
  • L’organisation
  • L’interaction autonome

Mais avant de décrire chacune des formes d’interactions, je vais aborder les axiomes de la sociologie chez White, parce que c’est ma façon personnelle d’aborder la question de la confiance. Les travaux de H.C. White, et plus particulièrement « Identity and control » posent les axiomes de la sociologie des dynamiques relationnelles que nous propose Degenne.

D’abord, le chaos est endémique; les formes sociales émergent, au fil du temps et des interactions qu’elles ont entres-elles et avec le reste de leur environnement.  Rien n’existe d’emblée (hormis le chaos informe).  Ce qui intéresse donc le sociologue est de comprendre comment ces régularités (ces formations sociales) apparaissent, comment elles se maintiennent, comment elles se transforment, comment elles disparaissent.  C’est l’étude de leur (co)évolution qui intéresse le sociologue.

Le second axiome est que toute formation sociale tend à chercher à continuer d’exister, à se maintenir en vie, à s’ancrer dans le réel.

« Identités » et « contrôle » : des formes sociales (donc visibles, identifiables, auxquelles un observateur peut donner un sens et qui ne sont pas le produit du biophysique : des identités) émergent et leurs actions servent à leur existence, à s’auto-réifier, à prendre une forme encore plus solide et durable (par leur « contrôle »). Ce sont les deux mots clés que nous a légué H.C. White.

Finalement, ce qui nous intéresse, pour comprendre le social, c’est le sens !  Des interactions qui donnent forme à des identités sociales distinctes, ne nous explique rien.  L’explication du sens qu’on ces identités, mais aussi du « comment » elles ont émergées, est contenu dans les « histoires ».  Degenne a écrit dans « Les catégories sociales et leurs frontières » : « Toute relation est une histoire » (p.15) : Les futures interactions dépendent de celles d’avant, au cours desquelles on ne fait pas « qu’interagir » mais aussi « apprendre » sur l’autre, se bâtir un genre d’histoire à son sujet…   C’est au cours des interactions qu’une histoire entre les identités se développe, et ces histoires-là, sont celles dont devrait principalement se soucier le sociologue, car c’est elles qui portent le sens que prennent les relations, les identités et autres formations sociales.

Je fais cet excursus afin d’aborder la notion de confiance chez Alain Degenne.  On a vu que le premier axiome spécifie que le chaos est endémique.  Cela sous-tend une incertitude profonde : rien n’est prévisible, rien n’est certain, rien n’est anticipable… La « confiance », la prévisibilité dû à une certaine « connaissance », n’est pas possible, dans un chaos endémique.

L’incertitude totale est une chose que notre espèce (je ne sais pas pour les autres) a bien du mal à accepter.  Depuis la nuit des temps, on a cherché à la réduire; pour justement pouvoir planifier, prédire, anticiper, et avoir confiance un peu aussi .. (P.S. Pensez à la « Météo ») Parce que c’est épuisant d’être dans l’incertitude totale.  White dit que c’est si angoissant, que la réduction des incertitudes est ce qui explique, selon son raisonnement, l’action sociale (rien de moins).Pour reformuler, il explique l’action sociale par le besoin de réduire l’Incertitude, d’augmenter la confiance.

La confiance est ici à prendre comme un degré de certitude.  On peut aussi bien avoir confiance que notre conjoint va nous sacrer une volée quand il va rentrer, qu’avoir confiance que notre meilleur ami ne trahira pas sa parole.   La confiance est une forme de « connaissance » issu de ce que la relation nous « enseigne » (son histoire).

Tout tend au maintien, plutot qu’à chercher sans cesse la mutation, parce que le maintien (l’inertie) apporte une certaine stabilité vitale.  White dit que l’action sociale nouvelle (vraiment nouvelle) est très très rare, justement parce que la force d’inertie du social agit.  Les identités sociales tendent à chercher à se maintenir, plutot qu’à changer.   Car le changement, c’est comme l’incertitude; c’est angoissant !

Ainsi, pour en revenir à la typologie que nous propose Degenne, la confiance est un élément déterminant et elle peut prendre plusieurs formes.

Interactions corrélatives :

« Revenons sur les interactions corrélatives, c’est-à-dire celles dans lesquelles les  partenaires ne sont pas des individus semblables mis dans une situation
particulière, mais des individus qui se définissent par le rôle qu’ils jouent dans
l’interaction. » P.69

Degenne donne l’exemple le plus primoridial à mon avis, car ce cas a orienté tant d’analyses en sciences sociales que j’ose dire qu’il devient difficile de penser en d’autre termes : Les relations de domination capitalistes, entre deux classes sociales (pour reprendre le jargon approprié) oppresseurs vs oppressés.  Il cite l’analyse marxiste de l’histoire des « rapports de domination » qui culmine sur le rapport entre prolétaires et capitalistes.

Ces mots « prolétaires », « capitaliste moderne » prennent sens dans une histoire qui les unis, mêmes s’ils s’opposent. Chacun des rôles est essentiel pour que l’interaction (d’exploitation capitaliste) se produise.   Les capitalistes modernes exploitent les prolétaires, contre rétribution.   Les prolétaires fournissent la force de travail dont a besoin (exploite) les capitalistes modernes.   La relation d’exploitation capitaliste n’existe que dans une relation entre deux identités sociales distinctes qui mutuellement se définissent dans leurs interactions.

Une interaction corrélative implique donc des individus qui sont dans des identités particulières, leur donnant à chacun un rôle, pour que l’interaction puisse se produire.  Degenne donne aussi en exemple, les rapports de genre et les interactions « expert-patient ».

Il ya quelques propriétés intéressantes dans ce type d’interaction, très étudié.  D’abord,  la compétition (sportive, professionnelle, dans la séduction, etc), ne s’exerce qu’entre semblables, c’est à dire qu’entre membres d’une même classe corrélative.  Il cite plusieurs exemples intéressants dont celui en académie : Les professeurs vont entrer en compétition entres-eux pour des postes ou des subventions, les étudiants le feront pour des bourses ou des prix; chacun entres pairs.  Il en va ainsi de la collaboration,  les étudiants collaboreront ensemble sur un travail commun, les professeurs travailleront ensemble sur une co-publication.   Certes, la frontière est souvent floue, surtout quand, par exemple, l’étudiant est prèsque collègue.  Si on prenait des écoliers du primaire, il serait plus flagrant de voir que la compétition et la collaboration s’applique essentiellement entre pairs.

À ce sujet, ce que chacun considère comme étant son semblable peut varier.

En résumé, on a souvent à faire en sociologie avec des interactions corrélatives problématiques, mais pas que.  Si certaines peuvent être vécues comme injustes, d’autres sont vues comme « naturelles » et souhaitables même.   C’est cette nuance qui permet d’ajouter de la complexité et de la richesse à l’étude des rapports de classes, via l’interactionisme structural.

P.S . je n’ai pas abordé la question de qui détient le pouvoir dans l’interaction, comme j’aurais dû.   Les interactions corrélatives sont inégalitaires, pas exclusivement injustes, mais toujours inégalitaire; car chacun a un rôle différent.

La confrontation-négociation

On l’a vu, à la base, il n’y a pas d’ordre, pas de sens, pas d’organisation … Les entités sociales, particulièrement lorsqu’elles sont dans l’incertitude tendent à interagir dans une interaction de type confrontation et/ou négociation.  On jauge l’autre, on jauge la situation, on s’affirme.  Plus la situation est chaotique ou seulement incertaine, plus il y a risque de se retrouver dans une situation de confrontation-négociation.  Degenne donne l’exemple du magasinage : il y a des lieux où les prix sont fixes, on le sait, on ne pense même pas à négocier. Et d’autres où il vaut mieux négocier le prix, et c’est connu, du moins des usagers habituels.

C’est aussi la partie où il explicite avec une finesse impressionnante, l’apport des théories de l’acteur rationnel, à la sociologie.  Dans une situation d’incertitude, où tout peut arriver, l’entité sociale va se mettre à faire certains calculs, ou raisonnements.  À quel point puis-je avoir confiance, à quel point dois-je me méfier; qu’est ce que je risque de perdre si j’agis autrement que ce qui est attendue de moi , si je prend une liberté ?

Ainsi, il apporte de nombreux principes de raisonnements qui sont forts intéressants pour comprendre ce type d’interaction et surtout, comment en anticiper le résultat.  Je cite l’élément qui du point de vu de quelqu’un qui veut briser l’inertie sociale pour qu’un changement se produise doit comprendre :

« La valeur subjective négative d’une perte est plus grande que la valeur subjective positive d’un gain équivalent. Conséquence, le biais de statu quo : quand le gain potentiel à l’entrée dans un échange n’est pas supérieur aux pertes envisageables, il n’y a pas d’engagement. Les acteurs préfèrent le statu quo. Aussi longtemps que les chances de gain sont  équivalentes aux pertes envisageables, l’aversion pour la perte fait que l’acteur préfère ne rien faire. » p. 82

L’interaction de confrontation/négociation en est une qui est plus souvent que les autres, ammenée à évoluer vers une autre forme, parce que toute confrontation ou négociation a un coût, ne serait-ce qu’en temps à s’entendre (ou pas).   C’est pourquoi, lors d’interactions qui tendent à se reproduire régulièrement, une régulation autre peut se mettre en place, comme par exemple, l’organisation.

L’organisation:

Très souvent on sait comment se comporter ou comment vont se comporteront les autres, parce que nos interactions sont organisées; l’interaction des identités se régule de façon à donner forme à une formation sociale distincte (des institutions sociales qui en sommes sont des modes de régulations d’interactions qui sont vouées à se reproduire)  : le Couple, la Famille, l’École, le Marché, le Travail, etc.  Chacun prend le rôle qu’il a dans l’interaction de type organisation.  Chacun fait ce qu’il a a faire, et l’organisation se maintien. Dans une interaction de type organisation, chacun revêt, l’identité sociale qui lui est attribuée et qui le positionne au sein de la dite organisation, lui prescrivant ainsi tacitement ou non comment se comporter et qui il est.

Certes, dans la réalité rien n’est aussi mécanique. Ce qui pourrait expliquer comment les individus prennent leurs places dans l’organisation est qu’ils s’y identifient. Cela a un sens, et ils le prennent. Ce sens pourrait provenir de la socialisation; l’organisation a de la valeur  pour eux, ils s’y intègrent « et c’est là l’origine de la légitimité de l’autorité. » (p.77).  La légitimité dont parle ici Degenne est à liée avec l’idée chez Weber que toute domination est légitime; au sens où c’est parce qu’on lui donne une valeur si important qu’elle fait autorité.

Interaction autonome:

De toutes les formes d’interactions présentées, l’interaction autonome est celle où la question de « qui contrôle l’interaction » est la moins présente, car elle se base sur une interconnaissance si forte qu’il est aisément possible d’anticiper les actions de l’autres.   Une relation autonome se construit souvent par des interactions multiplexes; c’est à dire qui impliquent les mêmes personnes,mais dans des espaces de sens différents.   L’exemple de « l’ami » est le plus évident.  Il peut à la fois être un membre d’une même association sportive, se rendre dans des lieux communs, fréquenter les mêmes milieux.  L’histoire est assez complète pour qu’on ait l’impression de connaitre l’autre.   On sait comment se comporter avec lui, on anticipe ses réactions.

Comme tous les autres types d’interaction, la relation autonome est très intéressante sociologiquement, bien que peut-être la moins étudiée.  C’est pourtant peut-être d’elle que vient le « sens commun », puisqu’elle a pour caractéristique d’être le produit d’une interconnaissance, d’une culture commune.

Expérience de pensée

Enfin, Degenne se livre à une expérience de pensée fort intéressante, où il tente d’estimer la probabilité de passer d’une forme d’interaction à une autre.  Il suggère de supposer que ce qui arrive est déterminé par de ce qui est arrivé précédement, tout en laissant arriver quelque fois, des glissements entre types d’interaction.  En imaginant que cela se produit longtemps, il obtient une distribution où dans le cas de relations durables la confrontation perdureraient dans 14% des cas, l’organisation dans 20 % du temps, l’interaction corrélative dans 27 % des cas et l’interaction autonome se maintiendrait dans 39% des cas.   Ici je résume ce qu’il a fait de façon mathématiques, en ommetant le jargon qui conviendrait.

Comme c’est une simulation, on peut se demander si ça prend sens dans la réalité et comment tout cela pourrait varier.  Et bien sûr il serait vraiment intéressant de remplir des matrices avec des données collectées réellement.  Il a aussi constaté comment de légères variations dans ses calculs pouvaient  jouer sur les résultats et ce qui lui parait particulièrement intéressant est de constater comment en faisant varier de peu, par exemple en diminuant la propabilité de reproduction et augmentant la probabilité de glisser d’un type d’interaction à l’autre, la distribution prend une toute autre forme.

Outre le fait que je trouve que les résultats obtenus par Degenne semble a priori correspondre à la réalité, celle-ci m’a fait longuement me questionner sur ce qui pourait provoquer, par exemple, un résultat totalement différent.  J’ai pensé alors au cas de la guerre civile.

Quand la paix sociale règne, la confiance qu’on peut avoir en nos voisins est plus ou moins grande (selon les circonstances, les histoires).  Mais supposons, pour les fins de l’expérience en pensée, que chacun des membres d’un voisinage, arrive avec assez de justesse à prévoir et anticiper les comportements de ses voisins: « celui-ci est très accomodant, celui-là, je me méfie car il agit bizarrement, celui-là, ma copine m’a dit que c’était un Don Juan » etc.  En sommes, notre confiance, nos certitudes (croyances) sont plutot élevées.   ET BANG !  (oui simpliste, mais… passons) Une guerre civile éclate, tout à coup, est-ce que la distribution suit le même cours ?  On peut supposer que même les amitiés qui semblaient les plus robustes peuvent se transformer, du à une incertitude nouvelle et profonde; la confiance devient totale méfiance; on ne sais plus à qui on a affaire, puisque des référents culturels viennent d’éclater en morceaux.

Je crois que la question de la confiance est très importante pour comprendre le social, à la lecture de cet article.  Elle fait référence à du contenu sémantique qui devient « information ».  Tant pour comprendre dans toute sa complexité des problématiques sociologiques complexes, comme les rapports inégalitaires jugés injustes (au moins par un des protagonistes); comment ils émergent, se maintiennent, se dissolvent ou se transforment, qu’en tant que connaissance que possède les identités sociales, via leurs interactions.  Se centrer sur les histoires (qui sont relations) me semble réellement une priorité en sciences sociales.

Je vous conseille de lire l’article, car il est tellement riche que je ne peux qu’avoir homis des aspects importants, et puis, je ne suis pas infaillible, il s’agit de ma propre compréhension, exprimée telle que j’y suis parvenue, et j’ignore  ce que vous en saisirez.   Degenne apporte de nombreuses nuances que j’ai pu négliger.

Je vous laisse avec une dernière citation issue de l’article :

« Rien ne justifie à mes yeux qu’on exclue a priori du champ des relations, les interactions de rôles ou les interactions qui se déroulent dans les organisations, par exemple au travail. Il n’y a pas de frontière entre le domaine du travail qui est dominé par l’organisation, celui des échanges avec les institutions qui sont dominés par les rôles, celui des amitiés ou encore le couple. Les glissements sont constants. Il en résulte des relations riches et variées. Je plaiderai pour qu’une sociologie qui se veut interactionniste n’hésite pas à s’attaquer à cette complexité » (p.90)
 Bonne lecture

N’hésitez pas à dicuter du texte, commenter, poser des questions 🙂

P.S.  J’ai homis volontairement de présenter l’introduction de l’article, non parce qu’il n’est pas tout aussi riche et important que le reste, mais parce que je ne peux le faire aussi habilement que lui.  Prenez la peine de lire l’article original.

Il reste des fautes, malgré mes ré-éditions… Désolée.

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2 réflexions sur “Fiche de lecture : Types d’interactions, formes de confiance et relations, par Alain Degenne

  1. paysannerebelle dit :

    Page 80 du document, il y a une coquille : « B réduit son intérêt pour les objectifs que A contrôle. C’est un retrait. Il peut aller jusqu’à ce que B se retire de l’échange que contrôle B » devrait se lire « B réduit son intérêt pour les objectifs que A contrôle. C’est un retrait. Il peut aller jusqu’à ce que B se retire de l’échange que contrôle A » 😉

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