La « bonne attitude »

NOTES : j’ai écris ce texte en juin 2015. Je l’ai jamais publié… Comme plusieurs…

Nos perceptions, nos croyances, nos idées influencent notre expérience du réel, sans aucun doute. Avoir une attitude et des pensées positives sont des éléments importants pour la réussite de ce que nous entreprenons, et je le crois sincèrement. Ceci-dit, je tien à apporter un bemol à ce courant de pensée qui vise à faire croire que tout est possible quand on le veut vraiment car il peut avoir des effets pervers non intentionels. Il néglige la réalité sociologique et tend à rendre coupable, par faute de ne pas y avoir assez cru…

Est-ce que d’avoir « la bonne attitude » peut vraiment être aussi déterminant que certains le prétendent ? J’en doute fortement ! La jeune fille née dans le Bronx, d’une mère junky qui se prostitue, coincée avec un père qui l’abuse quand il est trop saoul et qui se fait maltraitée toute son enfance peut-elle, si elle le veut fort-fort, devenir chef d’État des États-Unis ? J’en doute. Elle devra vite apprendre à viser plus bas, bien plus bas ! Même avec toute la bonne volonté du monde, son parcours de vie est déjà jonchée d’épreuves qui rendront les probabilités de la voir chef d’État diminuer jusqu’à néant, bien avant qu’elle n’atteingne la majorité. Mon exemple est « fictif » (enfin, ces cas existent, mais ce n’est pas le mien) et je n’avais pas besoin de chercher aussi chocant comme image, mais je tenais à marquer le point suivant : tout ne dépend pas de ta bonne volonté.

Ceux et celles qui ne manquent ni d’amour ni d’autres besoins essentiels ne porterons jamais les handicaps invisibles de ceux qui n’ont pas cette chance. Des handicaps qui empèchent d’avancer, mais qui ne se voient pas et dont personne ne veut entendre parler… Des handicaps qu’il vaut mieux garder pour soi, sous peine d’être celui ou celle qui s’apitoie sur son sort. Et puis, il y a toujours quelqu’un qui vit pire que soi ! Il y a toujours des cas pour prouver que malgré des épreuves terribles, tout est possible… Si tu ne persévères pas assez, c’est ta faute, tu t’es arrêté avant d’atteindre le succès… Comme si on avait tous les mêmes ressources et que seulement la volonté variait ; certains en ont plus que d’autres, ce qui explique leurs succès. Non mais !

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Des phrases faciles à dire, des dictons à la con, on n’en manque pas pour décrire l’importance de la pensée positive. Étrangement, ce ne sont pas mes pensées positives qui m’ont permit d’accomplir ce que j’ai accomplis… C’est la rage au cœur et le besoin de combattre pour ne pas mourir qui m’a poussé à vouloir survivre… « Si tu veux, tu peux »… J’ai voulu ne pas me faire ensevelir par ce monde, mais je ne sais pas encore si je vais réussir ! J’aurais aimé viser plus haut, mais « survivre » est déjà un noble objectif quand les perspectives sont réduites à ces questions… Je veux rêver… Mais je ne peux pas ! La réalité me rattrappe très rapidement ! Ce qui fait qui je suis aujourd’hui c’est l’adversité et la nécessité ; je suis une battante, capable d’être agressive et féroce, prête à tout pour défendre ceux et ce qu’elle chérit. Je vibre ardement, comme un volcan qui s’apprête à exploser sous la pression !

C’est facile d’avoir des pensées positives quand autour de toi, le monde vibre positivement ; surtout si des bases solides ont pu s’instaurer durant la petite enfance ; il reste toujours quelque chose sur quoi rebondir. Mais quand ça n’a pas été le cas, et que tu dois chaque fois rebondir à partir d’un champs de ruine, est-ce vraiment que de la faute de ton attitude ?! Ces « théories » accusatrices, qui font peser le poids de l’inssucès sur le dos des gens qui n’auraient pas LA bonne attitude à avoir face à l’adversité, je n’en peux plus ! C’est important de s’estimer et de s’aimer, c’est important de garder espoir et d’entrevoir des jours meilleurs, mais à quoi ça sert de nier le sociologique ?

C’est en ne niant pas l’influence déterminante des dynamiques sociales m’entourant que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui, pas en me racontant à quel point j’étais belle, bonne, fine et capable. À devoir lutter pour survivre, j’ai appris à être redoutable, à devoir prendre en main très tôt ma destinée, j’ai appris à prendre le lead.

Quand tu as du mal à combler tes besoins, tu peux sois te dire qu’un jour tu vivras une vie somptueuse et luxieuse, et même y parvenir, mais tu peux aussi te mettre à remettre en question ce qui est précieux… C’est cette voie que j’ai suivi dans mon esprit ; remettre en question chacun de mes besoins et désirs. J’ai finis par ne plus désirer grand chose, bien que ce soit très relatif ! J’ai finis par trouver qu’il vaudrait mieux que collectivement on se pose cette question, si on veut éviter de continuer à intoxiquer notre environnement par notre mode de vie. La douleur a fait de moi quelqu’un d’empathique, ce n’est pas toujours ce qui arrive. Pour que ça se produise, il faut de la remise en question. Il faut s’avouer que la souffrance engendre la souffrance, en se regardant soi-même face à ses propres actes. Et réfléchir…

Je suis née avec l’esprit bouillonnant, et malgré toute l’adversité rencontrée jusqu’à dâte, j’ai tenue tête, peut-être parce que je suis « forte » comme le disent certains, mais plus probablement parce que je n’ai pas su faire autrement que de rester fidèle à cette petite fille en moi qui savait qu’elle avait tant à exprimer. Je ne sais pas encore ce que j’ai à dire, mais toute ma vie j’ai voulu m’exprimer… « Si tu veux, tu peux »…

Je suis allée à l’université pour avoir l’habit qui fait le moine… Parce que si l’habit ne fait (effectivement) pas le moine, il permet quand même de faire dire aux gens « voilà un moine » quand ils ont à décrire les gens qui passent devant leurs yeux. J’ai étudié une science qui ressemble à comment ça se passe dans ma tête ; la sociologie. J’ai toujours voulu étudier, c’était un de mes plus grands rêves. J’ai pu le réaliser à 26 ans, et 10 ans plus tard, je quittais le doctorat sans l’avoir complété, avec des dizaines et des dizaines de milliers de dollars en dette d’étude.

J’aurais pu choisir un domaine qui m’aurait assuré un avenir plus sûr, surtout dans ma condition, parce que bon « si tu veux, tu peux » mais ce serait bien de vouloir quelque chose de réaliste ! Mais comme à l’habitude j’ai suivis la flamme qui me tien en vie. J’aurais pu travailler en même temps que ma formation me diront certains… Je l’ai fait ! J’ai eu un collegue qui m’a demandé pourquoi j’avais si peu, à mon âge… Lui, même pas majeur, me raccompagnant chez moi, dans sa belle voiture aux sièges en cuir de plus de 50 000 $ Il continu dans sa lancée… « Sérieusement, moi j’ai acheté cette voiture avec mon boulot d’été, comment à 26 ans, peux-tu en être là ? » Je lui ai alors demandé « C’était quoi ton job d’été coudonc ?! » Et de me faire répondre «  Je travaillais pour l’entreprise de mon père, il est PDG de Labatt Bleue »… Ah ouais ok, t’as pas dû avoir le job le plus bas sur l’échelle salariale non plus… À l’université que j’ai fréquenté, c’est ~5% des étudiants qui ont recours à l’aide financière ; la vaste majorité de mes amis avaient leurs études payées, mais pas seulement… Ils recevaient un coup de pouce, de temps en temps ; des vêtements neufs, une épicerie, du soutien moral… Pour certains, c’est même Visa qui était réglée chaque mois par papa-maman ou je-ne-sais-qui, on s’en fout… L’important c’est que c’est épuisant, tant de se faire juger par des enfants qui ne réalisent pas qu’ils sont choyés au moins financièrement, que de devoir accomplir la même chose qu’eux avec aussi peu de ressources !

J’ai aussi des amis qui ont travaillé et payé leurs études en même temps ; je peux quand même dire qu’ils ne sortaient pas de la misère comme moi qui a dû quitter le domicile familial à 15 ans, et qui depuis se débrouille comme elle peut pour s’en sortir. Je les admire d’avoir réussis, mais je ne peux pas me dire que cela signifie que je suis une looser qui aurait pu faire pareil ; je n’aurais pas pu ! J’ai travaillé pendant que j’étudiais et cela a couvert mes dépenses essentielles ; ça ne m’a pas permis de payer ma scolarité ou encore de mettre de l’argent de côté.

Je me rappelle un cours de socio au bacc, « inégalités sociales et marché du travail ». Le prof relatait des études scientifiques sur la pauvreté des enfants au Québec. Dans la salle de cours, j’entendais des « haaaa » des « hooo » ; des sons d’indignations mèlés d’étonnements… Comme cela me faisait bouillir en moi ; j’ai beau avoir tout le respect possible pour la connaissance scientifique, elle a ses limites ; le pire de la réalités de ses enfants pauvres et trop souvent pas traités avec tout les bons soins qu’il faudrait n’est jamais relaté dans une étude scientifique ! Ça ne se mesure pas la souffrance, la misère, les handicaps invisibles causés par la maltraitance et la pauvreté… ! Réveillez-vous ! Vous croyez vraiment que la misère ça existe juste sur les autres continents ?! C’est encore ma revolte qui l’emporte et aujourd’hui je réalise que c’est la bonne attitude !

J’ai cru que je devais changer mon attitude et me mettre à ne voir que le bon côté des choses, à espérer et demander ce que je désirais et tout ces trucs à la mode qui consistent à envoyer des énergies positives… C’est fastoche pour ce gamin de 17 ans qui va faire du surf en amérique du sud pour se détendre et qui se demande comment ça se fait que moi je me contente d’une cloppe… C’est aussi trop facile pour moi de culpabiliser sur ma dépense en tabac, en me disant que sans cela, j’arriverais peut-être mieux à la fin du mois… Fumer c’est mauvais et je ne doute pas que si j’avais eu mieux à m’offrir comme détente, j’aurais peut-être fait d’autres choix. D’ailleurs, des études très sérieuses démontrent que le PDG fumeur d’une grande entreprise à moins de chance de développer un cancer des poumons que le plus bas dans l’échelle salariale de la même entreprise, même si lui ne fume pas ! Les scientifiques ont finit par comprendre le pourquoi du comment… Le mauvais stress tue. Va-t-on dire à tous ces gens qui n’arrivent jamais à mettre la « switch » à off et qui vivent dans l’angoisse et le stress délétère que leur sort est dû à leur attitudes et leurs pensées ?

Nos pensées, nos perceptions, nos croyances sont déterminantes, mais aussi déterminées… Situées, dans des contextes sociologiques. Parfois on a beau vouloir et faire tout ce qu’on peut, on n’y arrive pas. Je suis tannée de m’en vouloir à croire que c’est mon attitude qui n’est pas assez « joyeuse » ; et si c’était ma force en fait ? Et si, mon attitude de révoltée authentique, prête à défendre corps et âme ce en quoi je crois, faisait de moi qui je suis ?

Et puis, si c’est voir la réalité en pleine face qui cause les échecs, on vit vraiment dans un monde aveuglé car préfèrant se mettre des oeillères que de réfléchir. Il est aussi important de garder espoir que de savoir s’insurger. Il faut savoir dénoncer les injustices sociales et se rendre compte des obstacles systémiques si on veut les atténuer. Je ne serai jamais celle qui se voilera les yeux face à l’injustice ou qui se contentera d’assurer sa survie individuelle. Ma Cause est globale, elle est généraliste ; c’est de se parler du vivre-ensemble parce que je ne vois pas ce que notre espèce à de plus important à faire que de vivre en cherchant des façons toujours plus harmonieuses de vivre ensemble.

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