Les ensachés individuellement

(Aujourd’hui, c’est pas que j’ai la flemme, mais je copie-colle un article que j’ai écris l’an passé via Facebook)

Si je comprend bien la vision de certains, dans ce monde il ne faudrait aucun filet social de sécurité : pas de salaire minimum puisque ça brime le libre marché, pas d’aide sociale parce qu’on n’a pas à payer pour ceux qui ne sont pas foutu de travailler ou d’avoir assez étudié, pas de prestations spéciales pour les handicapés, les personnes âgées, les familles, et j’en passe… C’est sûr que « ça coûte cher tout ça » …

Dans une société libertarienne idéale, personne ne tente d’abuser personne et il ne reste en gros que les fonctions régaliennes d’un État, c’est-à-dire qu’il y aurait seulement ce qu’il faut pour faire régner l’ordre (libertarien) et pouvoir entrer en guerre si« besoin ». Tout le reste devrait selon les libertariens, être géré par des entreprises privées : les hôpitaux, les prisons, les écoles, les bibliothèques et les centre de loisirs communautaires… Beaucoup de choses qui ne sont en principe pas pensées pour en retirer du profit financier, mais pour éviter des coûts (sociaux et économiques) plus importants à long terme.

Dans une société comme la mienne, il arrive que des enfants moins nantis parviennent à se hisser au« sommet » et rejoindre le « 1% », très très rarement mais ça peut arriver ! La probabilité qu’un enfant venant d’un milieu très bien nantis y demeure, elle par contre, est très forte. Dans une société où le chômage est élevé malgré que la population soit instruite, et même plus instruites que ce que requière le travail qu’ils font, on continue à nous faire croire qu’il suffit d’étudier pour s’en sortir. En fait il faut aussi prévoir l’évolution de la demande des entreprises et se spécialiser selon la demande industrielle pour espérer avoir un emplois dans son domaine d’étude. Tous ces domaines qu’ont étudié les politiciens (sc. Politiques, sociologie, et autres sc. Sociales) ne sont pas des domaines d’études pour quelqu’un qui espère avant tout se sortir de la précarité. « Si tu veux, tu peux, mais ne rêves pas trop non plus et choisis-donc « le » bon domaine d’étude pour ta situation. Laisses les sciences sociales aux « élites »qui peuvent se permettre ce genre d’étude et vas donc faire sc.Infirmières ou quelque chose qui de donnera une job assurée…Le boulot a l’air sympa … » Le « rêve américain » nous permet de croire que « celui qui le veut, le peut ». Ça en devient un manque de volonté que d’échouer à s’émanciper financièrement. Pourtant, si ce système était fait pour que tous puissent être riches, ça se constaterait… Mais non, et c’est structurel : c’est un système où il faut des exploités, pour que d’autres fassent du profit sur leurs dos !

On tien à nous faire croire que ce système d’exploitation peut nous être favorable SI on travaille fort, SI on étudie fort, SI on persévère… Alors on s’accroche, on bosse fort, on étudie longtemps, et… On ne tombe pas par magie dans le « 1% » pour autant ! Mais on y croit et c’est ce qui compte ! Ainsi cet « ordre des choses » peut continuer de se maintenir sans grande résistance. Non mais, ça serait pas sympa que ça soit moi qui soit aussi riche, au fond ne serais-je pas jalouse… Et non ! Ça fait longtemps que j’ai arrêté d’y croire car je comprend que même si je devenais milliardaire demain matin, ce système resterait exactement identique et tout aussi injuste ; je ferais simplement partis des« chanceux » qui pourront toujours payer pour l’école de leurs enfants, pour se loger sainement, pour manger selon leurs besoins, pour se faire soigner et pour garder la santé. Comme une ensachée individuellement, j’avancerais dans la vie, en sachant que pour moi, ça va et que je ne suis quand même pas celle qui peut régler toutes les injustices sociales, alors aussi bien penser à moi ! D’ailleurs si ce n’est pas moi qui touche cette fortune, ce sera un autre…

En ouvrant les marchés à encore plus de liberté, en enlevant le salaire minimum, en enlevant les droits des travailleurs, ils se retrouveront vraiment proches de l’esclavagisme ; sans autre choix que de se vendre au plus bas prix pour trouver un revenu dans un monde déjà rongé par le chômage structurel. Qui pourra se sortir d’une telle situation ? C’est déjà un mythe que de croire qu’on peut s’en sortir si on le veut vraiment, imaginez dans un monde libertarien !

Actuellement les marchés ne sont pas totalement libres, on les régulent… Depuis les premiers penseurs du libéralisme l’idée de réguler les marchés est abordée de façon contradictoire ; à la fois, on sait qu’il faut bien le faire, mais à la fois, vaudrait mieux pas, tsé… Dans la course au profit toujours plus élevé, les industries vont jusqu’à mettre en péril notre santé et notre génome en utilisant des produit toxiques (mais plus rentables, qui font rouler « l’Économie »,tsé) De grandes fortunes sont déjà accumulés ; de générations en génération des gens sont à l’abri de la misère financière. Pendant ce temps la majorité des gens tentent de joindre les deux bouts et de survivre. Une petite partie des gens sur cette Terre ne sont pas du tout riches, mais ne sont pas non plus dans une pauvreté absolue. C’est le cas de la majorité des gens où j’habite ; ce n’est pas la pauvreté absolue, mais il faut garder un œil sur le budget et bien planifier l’avenir et les imprévues. Les gens ne se considèrent pas esclaves, mais ils doivent quand même aller se vendre pour pouvoir vivre. Et souvent, le salaire minimum ne suffit pas à s’en sortir.

J’aime observer la « nature »… Un lièvre qui se casse une patte en foret est un lièvre condamné à mourir ; les autres lièvres ne le porteront pas jusqu’à son terrier comme dans un film de Disney… Si par malheur je me casse une jambe, à moins d’être seule en foret (et encore), quelqu’un viendra à mon secours ;nous sommes ainsi, les humains, on a tendance à s’entraider. J’irai à l’hôpital et on me soignera et je ne serai pas endettée pour ça,car collectivement nous assumons avoir à prendre en charge les gens qui ont besoin de soins médicaux.

Dans un monde libertarien ; tu n’as pas l’argent pour te soigner, bah..J’espère que des gens t’aiment et que tu as de la famille car sinon,tant pis pour toi ! Tu mets au monde un enfant handicapé ?Tant pis pour toi, j’espère que tu l’avais prévue, car pourquoi on payerait collectivement pour ça ? Ou pour la recherche qui permettrait de détecter des problèmes, ou d’encore trouver des solutions ? Si tu veux un truc collectif, dans un monde libertarien, tu te le construit ! Tout est individuel. Les gens n’ont qu’à se mettre ensemble et s’organiser ! Tu n’as pas les moyens pour scolarisé ton enfant ? T’avais juste à ne pas en faire ! Les enfants, c’est pour les riches, enfin les nôtres vont s’éduquer et vont dominer ce monde, pendant que les tiens travailleront pour se nourrir et vous aider !

Je ne sais pas combien temps je dois continuer avec mes exemples, mais comprends-on qu’un tel monde est un monde encore plus injuste et inhumain que celui dans lequel on vit actuellement ?

Homo sapiens croit qu’il existe des actes inhumains ; la barbarie, la cruauté, l’absence d’empathie, en sont des caractéristiques. Il s’est imaginé être« humain », c’est-à-dire l’opposé de ce qu’est manquer d’humanité. C’est un idéal que l’on poursuit, plus ou moins avec brio… Homo sapiens est capable d’être d’une cruauté imbattable dans tout le reste du vivant connu, mais aussi d’une sensibilité comme nous n’en avons pas retrouvée ailleurs. Les possibles existent, c’est à nous de décider ce que nous voulons être. Je crois qu’en nous sommeil un être qui souffre d’être ensaché individuellement, un être qui sent qu’il a besoin des autres et qu’il doit aider les autres, pour son propre bien et pour celui des générations à venir, il sent que partager lui fait du bien. Ce monde essaye de nous faire croire qu’on est individualiste quand nous ne pouvons l’être ; l’histoire de l’humanité est remplis d’horreurs, mais aussi de tant d’affection !

Une société pour moi, ça devrait être vue comme une grande famille, où on ne conçoit pas possible de laisser mourir les gens juste parce qu’ils sont rendu « inaptes au travail », parce qu’ils ne sont pas « marchandisables » sur le marché du travail, parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour essayer de se sortir de leur misère quotidienne.  D’ailleurs, on a besoin d’argent parce qu’on croit en ce système… On peut accomplir plus en faisant autrement, je suis certaine. Si « c’est avec de l’argent qu’on fait de l’argent », sans argent, on fait quoi ? Dans un monde libertarien : mieux vaut aller te pendre que de chercher à t’en sortir !

J’ai du mal avec ceux qui sont heureux d’être ensachés individuellement… Je me demande toujours si ils se croient vraiment si à l’abri que ça de la précarité, dans un libéralisme de plus en plus libre. Il faut dire que plusieurs croient faire partie du « 1% » (…). Mais le plus sournois, c’est tous ces gens qui payent beaucoup d’impôts, sans faire partis du 1% et qui sentent bien le poids de leur contribution… On leur répète que ce sont les filets sociaux de sécurité qui coûtent cher, alors ils sont enclins à vouloir les réduire, pour réduire le fardeau fiscal qui leur pèse dessus, et je peux comprendre ça. On ne va quand même pas leur dire que si ils doivent autant faire leurs parts, c’est parce que d’autres,beaucoup plus riches qu’eux, ne la font pas… Dans un monde libertarien, ou juste encore plus libéraliste, la plupart d’entre eux auront du mal à envoyer leurs enfants à l’école et à arriver… Mais bon, c’est mieux pour le maintien de l’ordre actuel,de leur faire croire qu’ils en auront plus pour leur argent en étant des « utilisateurs-payeurs »… Ne te casses pas une jambe, mon grand ! Je te souhaite que des enfants en pleine santé, sans handicap ! Je te souhaite des parents qui mourront jeunes ! Parce que tu vas voir que sans solidarité sociale planifiée, tu vas le cracher ton cash !

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