Dame de Brassempouy. Photograph : Jean-Gilles Berizzi

« Le propre de l’Homme »

Difficile de savoir si les autres animaux ont des jugements de valeurs ou une certaine forme de « morale ». Difficile  aussi de ne pas tomber dans l’anthropomorphisme en se posant ce genre de question, mais il faut le tenter si on veut remettre en question la croyance qui fait en sorte qu’on se pense mieux que le reste du vivant.

En effet, depuis fort longtemps, notre espèce tente de se distinguer du reste du vivant, et plus spécifiquement de ce qui lui ressemble le plus, du règne animal.  l »intelligence » le « raisonnement », la « conscience de soi », la « conscience des autres », le « rire », la « culture », l' »empathie », l' »ingéniosité », le « goût », la « sensibilité », le « symbolique », la « liberté »; il n’y a rien de cela qui ne soit exclusif à notre espèce animale : homo sapiens.

Quand j’y pense, je me dit que ce serait difficile de « co-évoluer » sans être d’une façon ou d’une autre « conscient » de son environnement.  Les attributs physiques ou les parures que mettent en valeur les animaux, pour séduire leur partenaires me parraissent hautement « symboliques » et une question de goût : un gros panache, une crête bien gonflée, un nid attrayant et bien décoré … Ça n’a pas de sens pour moi, mais qui suis-je pour croire que ça n’en a pas pour eux ?

Anthropomorphisme et autres biais

La façon dont on a regardé la « nature » n’a rien de neutre.  Même la science moderne dégouline de l’idée de supériorité humaine.  On fut nommé l’espèce supérieure de « ceux qui occuppe la première place » (primates).   Cette vision de supériorité a biaisée bon nombre d’études scientifiques et réflexions philosophiques et j’aurais du mal à dire que c’est  terminé.    Il ne faut pas négligé le fait qu’il y a un décalage entre ce qui est connu en sciences et ce qui est véhiculé comme croyances sur la « nature humaine » et sa place dans l’univers, ou simplement sur Terre… Mais n’idéalisons rien… Même en sciences, les croyances ont leurs places…

On a fait beaucoup dans l’anthropomorphisme. Comme on s’expliquait déjà notre propre liberté par une supériorité de nature, basée sur une vision des « Plus forts qui dominent les plus faibles » et de « l’asservissement qu’implique la condition humaine », que nous traînons depuis l’Antiquité, ce fut à peu près de cette façon aussi que nous avons interprétés nos premières observations scientifiques du règne animal.  La « loi du plus fort », se voyait partout, de la nature à la vie sociale.

Dans un développement de l’individualisme, l’idée que l' »égoïsme » était de « nature », notre nature,  pris son essort.   Il semblerait d’ailleurs que l’égoïsme, c’est-à-dire, ne penser qu’à soi, est beaucoup plus probable quand on se sent peu dépendant des autres.  L’égoïsme, pourrait-il avoir un lien avec la vision d’autonomie et de liberté ?  Chose sûre, s’est imposée une vision « d’égoïsme » et de « loi du plus fort », comme règle « naturelle ».

Les sociaux et les autres…

Ce qui caractérise une « espèce sociale » c’est que pour remplir ses besoins fondamentaux (reproduction, alimentation, protection, éducation, etc) , elle a besoin et  collabore avec d’autres membres de son espèce, notamment. Bien que certaines espèces vivent de façon plus solitaires que d’autres, c’est difficile de trouver une espèce asociale. Être asocial est une aptitude bien « humaine ».

Une autre caractéristique fort intéressante, c’est que les espèces sociale ont tendance à « avancer au grand jour »; fort de leur nombre, c’est comme si la confiance offerte par le fait de ne pas être seul, donnait accès à un espace « hostile » si on est seul et fragile, en le rendant moins dangereux, en étant groupés. Les espèces dites solitaires sont plutôt du genre à être actifs de nuit, à se faire plus discrets.  Je ne peux pas leur prêter des intentions, mais je me permet de penser qu’il y a peut être là un indice intéressant concernant la réduction des incertitudes et l’action sociale. Les espèces sociales vont donc s’expandre autrement que les espèces solitaires sur le territoire et dans le temps.

Les espèces solitaires ont quand même des interaction et relations sociales et sont conscientes de ce qui les entourent (territoire).   Les espèces « solitaires » semblent avoir parfois des « rituels » ou des rencontre de groupes; ils se rencontrent de façon organisée et ponctuelle. On ne sait pas grand chose de ces évènements, outre qu’ils servent à la reproduction, très souvent. Bien qu’il ne soit pas le seul exemple, on réalise que le poulpe, dit solitaire, pourrait peut-être apprendre de ses pairs.   Notre capacité à reconnaitre les interactions des autres espèces est limitée; ils sont peut-être plus « sociaux » qu’on le pense.

On a beau se demander si on peut vivre ensemble et philosopher sur le sujet durant des millénaires …  On nait imature et totalement incapable de survivre par nous-même. Cela  prendra du temps au nouveau-né avant d’être apte à vivre « par lui-même ». Isoler un bébé humain des autres humains ne donne pas vraiment de bons résultats…  On ne s’autoriserait même pas à l’expérimenter !  Il ne fait pas qu’avoir des besoins physiques à combler, dû à son imaturité physiologique flagrante qui l’empèche même d’être capable de se lever et marcher avant plusieurs mois, il démontre aussi d’un fort besoin d’apprendre par ses pairs, et d’être aimé.  Je ne crois pas que ce soit utile de se demander quand c’est apparue dans l’histoire de notre espèce, puisque notre espèce ne nous laisse AUCUNE possibilité de supposer qu’elle ait pu être à la base « solitaire », ou pire, asociale…

Bonobo kissing baby

Hominidés affectueux

Et pourtant, certains croient que notre espèce n’est pas « naturellement faite » pour vivre en groupe; qu’elle se serait socialisé au fil du temps (dans son « perfectionnement ») , et que de chasser en groupe aurait été la première activité sociale de l’Homme moderne.   Et puis quoi encore… ?  Bien sûr, à cause de ces visions de l’Homme, comme central dans n’importe quelle histoire, il se crée beaucoup d’ombre sur les femmes et sur les réalités biologiques, qui priment, mine de rien… : elles mettent au monde des bébés qui demandent des soins importants, sur un terme plutôt long dans l’histoire de vie d’un humain (du début des temps!).  Se regrouper et s’entraider, au moins entre femelles, à probablement été nécessaire bien avant homo sapiens.

Si « l’Homme » n’est pas sûr d’être social, les femmes elles, depuis la nuit des temps, se sont chargées de leur existence et de celles de leurs enfants. Elles n’ont pas vraiment chômée, et rien ne peut faire croire qu’elle soit une solitaire ou qu’elle n’ait pas produit ce dont elle avait besoin, comme ses ancètres le faisaient déjà avant elle.  Mais quand on n’y pense, cette vision n’est pas anodine… L’homme moderne, en se croyant par nature au dessus de la nature, libre, autonome, ne peut que se dire qu’il n’est pas fait pour la vie sociale, que sa nature est d’être égoïste, solitaire et tolalement libre… que par nature il ne pense qu’à lui…  C’est peut-être le cas ! Je n’en sais rien, mais je remarque que l’on revient encore à oublier les conditions humaines de vie : s’alimenter, s’hydrater, se protéger, prendre soin de sa progéniture

À ce sujet, je tien à souligner « l’apport » du courant marxiste à ce bordel idéologique… Il s’y conçoit, par exemple que le travail (comme fait social) serait né avec les premiers outils. Pardon ? Tuer sa viande, au début des temps, c’est « travailler » ? Comme si encore une fois on posait nos croyances, avant une réalité tellement plus probable…  Les autres animaux qui utilisent des outils, le font-il pour « travailler » ?  Non, ils le font pour accèder à ce qu’ils désirent; il me semble que le nom le dit : c’est un outil !   Est-ce que pourvoir à ses besoins et envies est du « travail » ?  Certes, ça peut être fatiguant, mais c’est juste obligatoire…  Si tu ne le fais pas, qui le fait ?  Difficile de s’imaginer une espèce viante ne pas le faire pour se nourrir …  Ceci-dit, il est là mon point : la nôtre a bien du mal à accepter ses conditions de vie.. Et mine de rien, ça revient toujours à ça… On est libre, on est supérieur, et que « travailler » (même à la nuit des temps, en ouvrant un molusque), c’est l’asservissement par le travail … On ne dira « c’est pas ce qu’on dit »…. Je répondrai, en êtes-vous sûr …?

Bref, j’ai bien du mal avec ces conceptions qui tendent à penser homo sapiens comme ayant une fondation d’animal « solitaire », qui peu à peu s’est socialisé, pour donner l' »Homme Moderne ».  Tenter de se demander quand est-ce que la socialité est apparue chez notre espèce est comme de se demander quand est-ce qu’on a commencé à faire des bébés incapables de vivre par eux-même dès leur naissance; c’est la vie sociale qui permet que notre progéniture puisse naitre immature.  Nos bébés n’ont rien à voir avec des bébés tortues ou des bébés poulpes; ils ne sont pas autonomes avant plusieurs années (et encore!).

Quand l’action sociale est-elle apparue dans la phylogenèse ? Je ne sais pas, à vrai dire ! J’me le demande par contre ! Pour moi, en ce moment, c’est le propre de l’évolution que d’être un processus fondamentalement social.  Et je crois que toute cette histoire en est une de réduction des incertitudes.

Notre espèce est sociale et ce n’est pas son activité qui l’a rendu ainsi; elle a émergée ainsi à cause de l’activité de ceux qui l’on précédé.

Stabilité des formes organisations sociales

Quand on regarde les autres organisations sociales, elles nous apparaissent d’une stabilité élevée. Dans les faits, nos visions ont tellement été biaisés qu’il est fort possible qu’on passe à côté des croyances qui mènent les autres espèces.   On commence à se rendre compte que par exemple, les moutons ont des « accents » locaux ; que le langage des grands mamifères marins est plus complexe que ce qu’on peut en saisir, que même les plantes  peuvent prendre soin de leurs descendance et avoir des relations complexes avec les autres qui les entourent. Il me semble facile de passer à côté de la complexité des autres espèces (végétales, animales, etc.)

La « fourmilère » et la « ruche », en tant que superoganisme sont des exemples marqués d’une organisation sociale qui nous appparait hautement rigide et stable, où l’hyper spécialisation de rôles se traduit par des attributs physiques distinctifs et déterminants du rôle joué au sein de l’organisation sociale.  Ils ne font qu’un, en quelque sorte; chacun agit pour que le superorganisme se maintienne et essaime.  L’entité individuelle prévilégie l’intéret de la collectivité sur la sienne.  Il s’agit d’une véritable complémentarité, si forte qu’elle est inscrite dans leurs corps. Ils ont misé  sur l’organisation sociale.

C’est nous qui avons donné une teinte hierarchique, voire, aristocratique à l’organisation sociales des superorganismes.  Il n’y a rien qui nous permet de faire une telle analogie, à ce que je sache.   C’est nous qui avons nommé l’entité qui pond, une « reine » … Les « ouvrières » ne sont pas au service de la « reine »; ils sont au service du superorganisme qu’ils forment tous ensemble, comme la pondeuse! Y’a pas à faire d’anthropomorphisme là. Comme tout les membres d’un superorganisme font passé l’intérêt de la « colonie » (…)  avant leur propre intérêt, ce serait un non sens de s’imaginer que certains en exploitent d’autres, telles que nos sociétés sont hierarchisées …

D’autres organisations sociales encore sont plus flexibles, plus affinitaires.  Les observations sur les grands cétacés, particulièrement les épaulards font ressortir que dans la même espèce biologique, certains sont nomades, d’autres pas, d’autres encore ont des structures matrilinéaires.  Ils ont des « dialectes » et nous leur attribuons l’usage du symbolique.  On ignore beaucoup d’eux, mais au moins ils sont vu comme  » hautement intelligents »…

L’intelligence et la conscience

Voilà deux notions qui sont tellement des caractéristiques dites « humaines » qu’il est encore difficile pour plusieurs de concevoir que les autres espèces vivantes peuvent être conscientes et intelligentes.  En fait, conscience et intelligence sont des idées très liées selon moi … On ne peut pas être intelligent sans être conscient.  Pour comprendre son environnement et résoudre des problèmes (intelligence) il faut a priori être conscient de ce qui nous entoure, pour résoudre un « problème ». C’est très prétentieux de croire que nous sommes les seuls à acquérir des connaissances et les transmettre.

« La conscience de soi »… On se demande bien si les autres espèces en ont une… Mais qui se demande comment elles pourraient avoir finit par devenir des « espèces » au cours de l’Histoire longue de la co-évolution, si elles n’avaient pas, elles aussi, depuis le « début » une forme de conscience d’elle même, de ce qui lui est similaires : ses pairs, et de ce qui lui est dangereux ?   Comment une attraction, une attirance pour son semblable (homophilie) peut s’observé sans « conscience de soi » ?   Sans une certaine forme de circulation de l’information entre les deux entités ?  Je ne sais pas définir la conscience, mais je crois que de se croire les plus « conscients » est une erreur d’interprétation de ce que c’est…  Con -scient veut dire « avec connaissance ».  je crois que la « connaissance » nait dans l’interaction et qu’une relation implique une co-connaissance (partielle, temporaire et orientée).

Et l’intelligence… « Homme qui pense » se croit réellement le plus intelligent de la Terre !  Je crois qu’il base son jugement de valeurs sur ses « réalisations » visibles surtout pour lui-même.    Si les autres espèces vivantes n’étaient pas dotées d’intelligence, comment feraient-elles pour résoudre les problèmes spécifiques à leur propre existence ? Pire, comment la co-évolution telle que décrite pourrait être possible ?! Comment, pourquoi, la fleur change t-elle à sa rencontre le papillon, et vice-versa ? Ok, on ne peut pas lui prêter des intentionnalités humaines, mais on peut quand même se questionner sur comment elle a fait pour être consciente de la chenille qui la bouffe et qu’il valait mieux pour elle (et non pas pour toutes les fleurs), attirer des colibris ? Ce n’est pas de la résolution de problème ? Ce n’est pas une preuve de conscience de soi, de l’autre, de ses interactions  ?  Personnellement, je n’ai pas les réponses, mais je me permet de douter de notre vision de ce qui est intelligent et conscient. On est vraiment, mais vraiment prétentieux !

Je ne passerai pas à travers toutes les fausses distinctions qu’on tente de renforcer, comme de se croire les seuls à être doté de culture ou d’être influencé par le social …

Distinction entre nous et le reste …

Alors, en quoi notre espèce diffère tant ? On sait que notre espèce n’a pas inventé le partage, la vie collective, le respect pour les morts, l’usage et la fabrication d’outils, la maitrise du feu, le langage, la bipédie, la chasse en groupe, l’empathie, le soin, le soucis esthétique; tout cela et plus encore lui préexistent et ne lui sont pas exclusif.

Sans rentrer dans les détails, les espèces d’homo, d’australopithèques et autres (la classification est complexe…) qui ont précédés homo sapiens avaient déjà la plupart des acquis qu’on pense propre à notre espèce.  Faut se calmer avec la vision de « résultat suprême » ou de vision progressive des acquis « exclusifs » à notre espèce… Quand j’étais petite c’était encore comme ça que c’était enseigné.  J’espère que ce n’est plus le cas… Mais si j’en parle c’est que j’ai un certain doute…  Toute la paléontologie est teintée d’une vision de l' »Homme moderne » comme étant le summum de l’évolution…

Outre le fait que nous ne soyons pas si « uniques » et « extraordinaires » « supérieurs » et « libres », ce qui me semble important de comprendre ici, c’est que les hypothèses sur « est-ce qu’on est naturellement fait pour vivre ensemble pas » sont dérisoires.

On ne peut pas prêter d’intentionnalité aux autres espèces, parce qu’on n’a pas accès à ce qu’elles pensent. Il y a que la nôtre qu’on comprenne (et encore 😉 ) On a la preuve que notre espèce laissent des artéfacts qui témoignent de ses préoccupations, de ses croyances et de sa sensibilité.  Et que ses prédécesseurs l’ont aussi fait. Ces « traces » de l’activité réflexive, on cherche à les comprendre, les situer, les interpréter.  On ne peut pas conclure que les autres espèces n’ont aucune activité réflexive; en tout cas je ne le ferai pas.  On peut juste dire qu’on n’a pas les moyens de vérifier ce point. Et que d’un autre côté, on est les seuls à avoir misé autant sur la communication entre pairs.

Ce besoin de transmission sociale ne se retrouve pas que chez notre espèce.  Mais aucune autre ne nous laisse des traces aussi « évidentes » (de notre point de vu) de ces transmissions sociales : les dessins, gravures, l’écriture, le langage articulé.. Il faut être une espèce sociale pour inventer le langage articulé, parce que pour que le langage s’instaure comme fait social, il faut plus que « inventer un langage »… Ne serait-ce que parce que celui-ci se construit au fils des interactions sociales, et ne peut se diffuser que de cette façon.  Pourquoi se casser la tête à parler, si c’est pour parler tout seul ?  Pourquoi parler ?

On est un animal.  Les animaux communiquent.  Les plantes aussi d’ailleurs.  Peut-être même que la matière s’échange de l’information… (Je me permet toutes les questions qui me viennent …)   Bref. l’échange d’information, ce n’est pas un fait social nouveau. On entends des animaux, alors déjà, même si on ne comprend pas ce qu’ils communiquent, c’est assez sens commun de supposer qu’ils communiquent.  On sait aussi que des gestes servent à envoyer de l’information.  Des fois j’ai même l’impression que les autres animaux nous comprennent mieux que nous on peut les comprendre …

Pourquoi parler ? Peut-être que pour nos ancètres, c’était une façon de réduire les incertitudes auxquelles ils faisaient face, à travers les autres formes de communications qu’ils avaient. Au fils de l’Histoire longue, le langage articulé fut plus qu’être adopté massivement, comme la plupart des fait sociaux ancien qu’on rencontre, il est devenu un trait  « incontournable » de homo sapiens, inscrit dans son organisme : il parle.

Certains pensent que la parole a ammené l’humain à penser…  Certes, avoir des mots déjà existants pour décrire ou exprimer quelque chose, a dû faire faire un bond à homo sapiens en terme de réflexion, tout en offrant un « cadre » à la pensée sociale,  mais il fallait que ses ancètres réfléchissent déjà et ressentent le besoin de s’exprimer pour que le langage se mette en place.   On peut supposer que d’autres formes de communication entre pairs existaient, avant le langage articulé, et que le symbolique avait déjà une place importante chez nos ancètres. Gestes, sons,  dessins, … Ont pré-existé au langage articulé.

Le fait de communiquer entre pairs (qui implique qu’ils se comprennent, donc partagent au moins la connaissance du sens des gestes, sons, ou autre) n’étaient pas spécifique à nos ancètres, on voit bien les chevaux ou les chiens le faire.  Se mettre à parler n’est pas obligatoire ou nécessaire à la survie. Ceci-dit c’est arrivé, on parle. Parce que nos anciens ont misé sur cette « stratégie évolutive » là, de façon prononcée, à travers leurs actions sociales, cela les a façonné d’une façon spécifique.   La parole articulée devint plus « facile », tandis que les corps changeaient.

Les dynamiques relationnelles sont plus complexes… On doit penser au temps passer ensemble, à toutes les conceptualisations qu’on a dû faire, pour parvenir jusqu’au langage articulé…  Ce devait prendre place dans notre vie, à travers d’autres activités sociales, comme les repas, la chasse, le soin, les questions sur le temps, sur l’espace, sur le ciel et les étoiles…  C’est une multitudes de petits éléments mis ensemble.

Sur une échelle de temps variable (parfois c’est rapide, parfois c’est très lent…) L’action sociale agit sur l’organisme et l’organisme agit sur l’action sociale. ils se co-forment, j’ose dire. Je suis consciente que ce soit un raisonnement circulaire, mais je crois à la co-influence entre interactions et structures.

Accentuer une aptitude particulière, par exemple : échanger de l’information, sur une très longue période de temps peut donner forme à l’humain; cette créature qui dépend maintenant essentiellement de son aptitude (en tant qu’espèce) à se parler…

On se pense intelligent. Ok… Façon de voir. Je dirais plutôt que nos activités, (incluant celles de ceux qui nous ont précédés) ont fait en sorte d’accentuer un trait particulier, au détriment de d’autres.  Et puis, il faut bien l’avouer, on ne sait rien, et il n’existe aucune vérité.  La connaissance scientifique nous apporte des savoirs vérifiables et fiables, mais qui demeurent, comme le fit remarquer Weber : partiels et temporaires.  On le sait, la connaissance change, nos perceptions changent, nos biais changent quand nos croyances changent…

Une croyance, ce n’est pas exclusive à ce qu’on pense dans le sens commun : croire en du « divin ».  Le domaine de nos croyances est tellement plus vaste que cela…  L’incertitude étant endémique, le besoin de croire, de se rassurer, d’avoir confiance, de prévoir, d’anticiper, est  preignant. On croit que le système solaire ne peut pas se détraquer, est-ce que vraiment c’est une Vérité qui est immuable ?  On croit que notre espèce est la plus évoluée …. On croit qu’on est à l’abri de la précarité…  Enfin bref, on n’en sait rien, vraiment ! Y’a quelqu’un ici qui prédit l’avenir ?  Les « sciences prédictives » peut-être… 😛

C’est notre « stratégie évolutive »… Réduire l’incertitude en utilisant la communication à un niveau d’abstraction toujours plus profond … Croire qu’on pourra un jour prédire, expliquer, comprendre tout, par la réflexion …  Mais voilà, qu’est qu’il y a à comprendre ?  Qu’on n’y arrivera jamais ?!  En plus, on néglige ce fait, on ne veut pas le voir… On veut croire tellement, qu’on arrivera à controler la réalité, qui pourtant n’a pas de prise…

On est parvenu à croire qu’on n’a pas besoin du social…  Faut vraiment être con !

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “« Le propre de l’Homme »

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